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The Innermost Loop

30 juin 2026 · Dr. Alex Wissner-Gross · article original · ~6 min
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Les termes techniques sont expliqués entre parenthèses dans le texte et, plus en détail, dans le glossaire en bas de page.

L'idée : faire calculer le Système solaire

La Singularité (l'idée que l'IA pourrait accélérer elle-même le progrès scientifique et technique) semble avoir un objectif très ambitieux : utiliser la matière et l'énergie du Système solaire pour faire fonctionner d'immenses centres de calcul. Dans cette vision, l'étape ultime serait un essaim de Dyson (une multitude d'objets autour du Soleil, capables de capter son énergie) composé de centres de calcul.

Freeman Dyson, le physicien qui a popularisé cette idée en 1960, imaginait d'abord entourer une étoile pour récupérer son énergie. Il a ensuite précisé qu'il ne pensait pas à une coque rigide, mais à un essaim d'objets en orbite. À l'âge de l'IA, ces objets seraient des centres de données alimentés par le Soleil.

L'auteur propose donc un critère simple. Pour lui, la vraie mesure est la distance jusqu'où l'on sait faire fonctionner des ordinateurs loin de la Terre. Et selon lui, le premier acteur crédible existe déjà : Lonestar Space, une entreprise qui veut installer du calcul et du stockage de données dans l'espace. L'auteur précise aussi conseiller 021T Capital, le fonds qui a investi dans Lonestar.

Pourquoi Lonestar est différent

Plusieurs acteurs spatiaux portent un nom en « Star ». Starlink, le réseau de satellites de SpaceX, transporte surtout de la connexion internet. Starmind, un autre projet de SpaceX, prévoit d'envoyer du calcul en orbite en 2027. Starcloud a déjà envoyé une seule puce de calcul, à l'origine conçue pour les jeux vidéo.

Mais ces projets restent en orbite basse, à quelques centaines de kilomètres d'altitude. Lonestar, elle, a déjà fait fonctionner du calcul, du stockage et de la connexion jusqu'à la surface de la Lune, à environ 380 000 kilomètres de la Terre. C'est la seule de ces « Stars » à avoir dépassé l'orbite basse, et même à avoir atteint la Lune.

La différence est importante. Faire tourner un ordinateur près de la Terre est une chose. Le faire fonctionner à distance lunaire, avec les délais, les risques et la rareté des missions, est un autre niveau de preuve.

Les premières étapes en orbite

Lonestar n'a pas commencé par la Lune. Ses premières avancées datent de 2021, en orbite basse. L'entreprise a envoyé le premier centre de données programmable dans l'espace, et le premier à bord de la Station spatiale internationale.

Elle a aussi été la première à réutiliser un ordinateur déjà en orbite, plutôt qu'à en envoyer un nouveau. Pour cela, elle s'est appuyée sur l'imprimante 3D de Made In Space, une entreprise spécialisée dans la fabrication en orbite. Lonestar a également testé la sauvegarde de données depuis l'espace (une copie de secours hors de la Terre, utile en cas de catastrophe).

Son module a hébergé la première oeuvre d'art générée par IA dans l'espace, puis la première cryptomonnaie créée dans l'espace, Celestium. Lonestar a aussi déposé auprès de l'UIT, l'agence des Nations unies qui coordonne les fréquences radio, la première demande commerciale de spectre radio lunaire.

Le passage à la Lune

En février 2024, Lonestar est allé plus loin. À bord d'Odysseus, l'atterrisseur d'Intuitive Machines, l'entreprise a envoyé le premier centre de données programmable jusqu'à la surface lunaire. C'était aussi la seule charge utile commerciale qui a fonctionné, même après que l'atterrisseur s'est renversé.

La mission a transféré vers la Lune la Déclaration d'indépendance américaine pour stockage. Elle a aussi renvoyé vers la Terre la Constitution et le Bill of Rights, les dix premiers amendements de la Constitution américaine. L'auteur présente cela comme la première opération de sauvegarde de données entre la Terre et la Lune.

Le contexte historique compte. Cette mission marquait le premier retour américain à la surface lunaire depuis Apollo 17, en 1972. Lonestar ne faisait donc pas seulement une démonstration technique. Elle montrait que des données civiles pouvaient déjà être déplacées et protégées à distance lunaire.

Le matériel de 2025

La mission suivante de Lonestar, en 2025, a emporté du matériel conçu pour cet usage. Elle a envoyé les premiers disques SSD sur la Lune, avec huit téraoctets de stockage. L'auteur précise que cela représente plusieurs millions de fois le stockage informatique embarqué des missions Apollo.

Elle a aussi envoyé la première puce RISC-V en vol lunaire (une famille de processeurs dont le dessin de base est ouvert et réutilisable). Selon Lonestar, le processeur PolarFire embarqué était beaucoup plus puissant que l'ordinateur de guidage d'Apollo 11. Il a fonctionné en continu pendant le trajet Terre-Lune et durant trente-neuf orbites lunaires.

Selon Lonestar, la charge utile contenait des données de secours pour huit gouvernements, dont celui de Floride. Elle a aussi calculé le premier graphe de connaissances hors de la Terre avec Valkyrie Intelligence (une carte de relations entre informations, que les IA peuvent parcourir). Enfin, elle transportait une structure lunaire imprimée en 3D, conçue par Bjarke Ingels, un architecte danois connu pour ses bâtiments futuristes, avec l'objectif de durer mille ans.

Le vrai enjeu : une infrastructure complète

Pour l'auteur, il ne s'agit pas seulement d'un disque dur posé dans l'espace. Lonestar a montré que trois éléments fonctionnaient déjà à distance lunaire : calculer, stocker et transmettre les données dans l'espace profond.

Cette chaîne a notamment été testée avec un réseau tolérant les délais (un système prévu pour continuer à transmettre des données même quand les connexions sont lentes, interrompues ou très éloignées). Ce test s'inscrit dans l'idée d'un « internet interplanétaire » défendue par Vint Cerf, l'un des pères d'internet. Lonestar a aussi construit un premier lien organisé de données entre la Terre et la Lune avec Flexential, une entreprise américaine de centres de données.

C'est cette expérience concrète que l'auteur juge difficile à acheter après coup. Le calcul en orbite basse risque de devenir un service courant et moins cher. Lonestar, elle, occupe pour l'instant un niveau plus rare : celui d'ordinateurs et de données placés très loin de la Terre, sous contrôle de leurs clients.

Clients, rareté et première brique

La demande ne serait pas seulement théorique. Lonestar revendique déjà huit clients gouvernementaux. Ses premières charges utiles auraient été entièrement vendues. L'entreprise a aussi signé un accord de 120 millions de dollars avec Sidus Space pour construire une constellation au point L1 (une zone d'équilibre gravitationnel entre la Terre et la Lune, utile pour placer des satellites).

La conclusion de l'article revient à l'image de départ. Le gaspillage le plus profond serait un Système solaire rempli de matière et d'énergie qui ne calcule rien. Charlie Stross, romancier britannique de science-fiction, a résumé l'idée ainsi : « Si cela ne pense pas, cela ne travaille pas. »

Un essaim de Dyson serait donc une façon de transformer la lumière solaire et des matériaux spatiaux en capacité informatique. L'image est très ambitieuse, mais l'argument de l'auteur est plus concret : sa première brique concrète aurait déjà été déployée sur la Lune.

Vous pouvez en savoir plus sur Lonestar Space sur lonestar.space.

Déclaration d'intérêts : l'auteur indique avoir un intérêt financier dans 021T Capital. Il précise que ce texte est informatif, qu'il ne constitue pas un conseil d'investissement, financier, juridique ou réglementaire, et qu'il ne représente ni une offre de vente ni une sollicitation d'achat de titres. Les réalisations, détails de mission, nombres de clients et chiffres de performance mentionnés viennent de Lonestar et d'autres tiers. Ils n'ont pas été vérifiés indépendamment par l'auteur.

Glossaire

Centre de données
Bâtiment ou installation qui regroupe beaucoup d'ordinateurs, de stockage et de connexions réseau. C'est l'usine informatique derrière les services en ligne et les IA.
Essaim de Dyson
Idée inspirée du physicien Freeman Dyson : placer de nombreux objets autour d'une étoile pour capter son énergie. Dans cette édition, l'auteur l'imagine comme un réseau de centres de calcul autour du Soleil.
Graphe de connaissances
Carte de relations entre des informations, par exemple personnes, lieux, documents et événements. Les IA peuvent s'en servir pour retrouver et relier des faits.
Orbites lunaires
Trajectoires autour de la Lune. Une sonde peut y tourner avant d'atterrir, de repartir ou de communiquer avec la Terre.
Puces de calcul
Processeurs spécialisés qui font tourner des calculs lourds. Beaucoup viennent du monde des puces graphiques, d'abord conçues pour les jeux vidéo.
Réseau tolérant les délais
Réseau conçu pour fonctionner malgré de longues attentes, des coupures ou de très grandes distances. C'est utile dans l'espace, où un signal ne peut pas circuler instantanément.
Singularité
Hypothèse selon laquelle l'IA pourrait progresser si vite qu'elle transformerait profondément l'économie, la science et la société.
Stockage SSD
Stockage informatique sans pièces mobiles, plus proche d'une clé USB ou d'un disque moderne que d'un ancien disque dur mécanique.

The Singularity’s apparent agenda includes putting the Solar System’s matter and energy to their highest use — thinking — culminating in a Dyson Swarm of compute nodes around the Sun, but that objective has remained distant, until now.

When Freeman Dyson popularized the idea in 1960, he imagined surrounding a star to capture its energy, later clarifying its form as a swarm of orbiting objects rather than a shell. In the AI age the objects are data centers, sun-powered compute that makes inert matter think, floating where Earth’s disasters cannot reach. The swarm is assembled one node at a time, outward from home, and its leading edge is defined by a single number, how far from Earth the compute actually runs.

By that measure, the lead builder of the Dyson Swarm already exists: Lonestar Space. Today, I can share that I’m advised 021T Capital has backed it.

The swarm’s contenders are all “Stars.” SpaceX’s Starlink carries bandwidth, its newly named Starmind plans to fly compute in 2027, and Starcloud has flown a single GPU, all in low Earth orbit, a few hundred kilometers up. For all the attention on Starlink and Starcloud, one “Star” never announced itself. Quietly, the “Lone Star” has gone the distance, operating compute, storage, and bandwidth to the lunar surface, 300,000 kilometers from Earth. It is the only “Star” beyond LEO, let alone on the Moon.

It did not start there. Lonestar’s firsts begin in low Earth orbit in 2021, where it flew the first software-defined data center in space and the first aboard the International Space Station. It was the first to retask on-orbit compute rather than fly new, running on Made In Space‘s ISS 3D printer, and the first to test disaster recovery from space. Lonestar’s payload hosted the first AI-generated artwork and the first cryptocurrency created in space, Celestium. Lonestar filed the first commercial lunar spectrum claim at the ITU, and built the first lunar mission control east of the Mississippi, on software it wrote itself.

Then it went to the Moon. In February 2024, aboard Intuitive Machines‘ Odysseus, Lonestar flew the first software-defined data center to the lunar surface and was the only commercial payload that worked, even after the lander tipped over. It transmitted the Declaration of Independence up for storage and the Constitution and Bill of Rights back, the first disaster-recovery data moved to and from the Moon, on America’s first return to the lunar surface since Apollo 17 in 1972.

Lonestar’s 2025 follow-on carried purpose-built hardware and the densest firsts yet. The first solid-state drives to the Moon, eight terabytes, nearly seven million times the storage of all nine Apollo missions combined. The first RISC-V flight chip, a PolarFire processor with roughly twenty thousand Apollo 11 guidance computers‘ worth of power. It ran continuously through cislunar space and thirty-nine lunar orbits. It held disaster-recovery data for eight governments including Florida, computed the first knowledge graph off Earth with Valkyrie Intelligence, and carried the first 3D-printed lunar structure, a Bjarke Ingels casing built for a thousand years.

This is what the leading edge of a Dyson Swarm looks like before anyone calls it one. Not a hard drive in space, but the full stack at lunar distance, compute that processes, storage that holds it immutably, and the bandwidth to move it across deep space, proven by the first Delay Tolerant Network test for Vint Cerf‘s Interplanetary Internet and the first Earth-to-Moon data fabric, with Flexential. This is operating heritage no balance sheet can buy. Compute in low Earth orbit is racing to commodity pricing; Lonestar holds the premium, sovereign tier, uncontested at its distance, with the pricing power that scarcity confers. Demand is already here. Eight government customers, prior payloads sold out, and a $120 million agreement with Sidus Space to build the L1 constellation.

The deepest waste is a Solar System of matter and energy sitting idle, computing nothing. As novelist Charlie Stross put it, “If it isn’t thinking, it isn’t working.” A Dyson Swarm is how dead mass and sunlight are made to think. Its first node has already been deployed on the Moon.

You can learn more about Lonestar Space at lonestar.space.

(Disclosure: I have a financial interest in 021T Capital. This post is informational only and not investment, financial, legal, or regulatory advice, and nothing here is an offer to sell or a solicitation to buy any security. The accomplishments, mission details, customer counts, and performance figures described were provided by Lonestar and other third parties, have not been independently verified, and are presented without any representation or warranty as to their accuracy or completeness, and the author assumes no liability for errors or omissions. Forward-looking statements about future missions, demand, and capabilities are subject to risks and uncertainties.)

Traduit par Claude · Article original · The Innermost Loop par Dr. Alex Wissner-Gross